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Il dit non avec la tête...mais il dit oui avec le coeur

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Le TDA/H : un arc-en-ciel dans la tête

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Multipotentiel, Scolarité, Tdah

Comment ne pas penser à nos enfants en relisant ce poème de Prévert ?
Avec l’éclairage actuel, on pourrait dire que le « TDA/H » ou Trouble Déficitaire de l’Attention, avec ou sans Hyperactivité sous-tend peut-être un peu l’inspiration de ces quelques lignes.

L’enfant dont il est question est pourtant loin, très loin de tout déficit. Et que ce terme de cancre, le titre du poème, me paraît à contre-emploi...
Toute l’énergie, la créativité, la sensibilité de cet enfant doit-elle amener à penser à un trouble ? C’est un peu la question que je me pose en voyant ma fille Gabrielle qui a reçu ce qualificatif. Et c’est ce que je vois dans ses yeux lorsqu’elle sort de table pour se lancer, la tête la première, dans une galipette sur le canapé. C’est aussi ce que j’imagine lorsqu’elle revient du collège avec un mot dans son carnet de liaison pour bavardage intempestif (le troisième de la semaine).

Et que dire de ses interminables « Quand je serai grande, je serai..... » Quoi déjà ? La dernière fois, on avait déjà une liste bien fournie : maîtresse, écuyère au Puy du Fou, archéologue, couturière, styliste, paléontologue, danseuse étoile. Alors nous ajoutons aujourd’hui urbaniste. Et pour cause : Gabrielle sortait d’un cours sur les énergies, avec à la clé un atelier d’imagination de La ville du futur. Un cours, au collège. Les temps ont changé.

Alors de quel déficit parle-t-on, déjà ? J’ai oublié.... Ah oui, l’attention.
Ou la capacité à intégrer un cadre et ses règles. S’il fallait souligner les problèmes posés d’une approche pédagogique uniforme pour ces enfants atypiques, ce poème en serait un magnifique plaidoyer.

Parce que ce n’est pas l’intellect ou la raison qui sont visés, mais bien le cadre et son autorité. Ce qui est vrai pour tous les enfants l’est encore plus pour ceux qui s’agitent ou qui, simplement, ne parviennent pas à soutenir leur attention plus de quelques minutes.

Alors quand je lis ce texte, et quand je regarde ma fille, je me dis que le TDA/H est une chance. Que rien ne doit entamer sa précieuse soif de découverte qu’elle éprouve lorsqu’elle part à l’aventure avec ses copines en week-end scout sauver la galaxie à l’école des Jedi, ou lorsqu’elle joue de sa guitare pour préparer son prochain concert, danse, dessine, et imagine sa vie future avec un appétit explosif à ne plus savoir par quoi commencer : un feu d’artifice permanent, un arc en ciel dans la tête...

L’école est aussi là, et là aussi nous avons de la chance. L’équipe pédagogique est chouette. Alors, avec des aménagements, Gabrielle donne aussi le meilleur d’elle même en classe. Pour le reste, elle le sait, elle peut compter sur ses parents, et nous le lui répétons : « Ne t’inquiète pas, on va T’aiDer A réussir (Habilement ! ;-)) ».

Allez, pour le plaisir, relisons-le encore une fois, c’est la maison qui offre....


Il dit non avec la tête
mais il dit oui avec le coeur
il dit oui à ce qu’il aime
il dit non au professeur
il est debout
on le questionne
et tous les problèmes sont posés
soudain le fou rire le prend
et il efface tout
les chiffres et les mots
les dates et les noms
les phrases et les pièges
et malgré les menaces du maître
sous les huées des enfants prodiges
avec les craies de toutes les couleurs
sur le tableau noir du malheur
il dessine le visage du bonheur.

Jacques Prévert
tiré de son recueil Paroles, 1946

mercredi 27 décembre 2017
Crédit image en tête de ce billet : Gerd Altmann -

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