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En rentrant à la maison

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Famille, Parentalité

C’est comme ça que la réforme des rythmes scolaires l’a voulu, aujourd’hui, je récupère l’une de mes filles à 15h45, à la sortie de l’école, les deux autres restent au centre de loisirs. À 15h45, en cette période de l’année, il commence à faire chaud.

Nous sortons du centre ville, vers la maison. La rue est étroite, le trottoir accidenté de pavés qui n’ont pas été changé depuis.... pas mal de temps. Je prends garde à ne pas m’y fouler la cheville, et me faufile à côté du réverbère planté au milieu, occupant le reste d’un espace déjà pas très large.

Ma fille marche à côté de moi, d’un entrain léger, alerte. Pour une fois, nous ne sommes pas pressées. C’est rare. Nous avons d’habitude tellement de choses à caser avant ou après l’école, entre les rendez-vous médicaux, les courses, les activités périscolaires, les démarches administratives....

Alors je profite de l’instant présent, même avec tout le mal que j’ai à supporter la chaleur ambiante. Le ciel est dégagé, je prends enfin un moment pour savourer le présent. Je regarde ma fille. Elle fredonne un air. Celui d’une chanson qu’elle avait chanté un peu plus tôt avec ses copines de classe. Je me dis que j’ai de la chance.

La chance de ressentir la quiétude de cet instant, l’entrain, la joie, simplement la joie d’être là, à ses côtés. Ressentir l’insaisissable amour maternelle dans ces petits riens, la confiance mutuelle, absolue et silencieuse. Toucher un petit bout de cet absolu consacre un pur moment de grâce, pour l’amour de cette enfant, mon grand Tout, au delà de tout.

Nous voilà presque arrivées au rond-point qui nous fera changer de rue.
Nous continuons de marcher dans la même direction, en bordure de route. Ma fillette chantonne toujours. L’immensité fragile de cet instant de grâce m’a prise dans son élan.

Il y a quelque chose d’indicible dans une relation parent / enfant, un lien indéfectible, inconditionnel, au delà, bien au delà de tout ce que nous trouvons sur notre route. Ici, un autre poteau. Je regarde le pied encrassé de cet éclairage public, ma fille profite de son pas chassé pour contourner l’obstacle de profil. Moi, je m’écarte un peu de ce poteau, à cet instant, ma main balançant frôle doucement la sienne. Dans le prolongement de cette seconde, j’avance ma main vers elle sans tourner mon regard vers elle, ce n’est pas la peine.

Ma fille poursuit sa chanson, et la course de sa main vient rejoindre la mienne, et se poser tout au creux. Alors nous la serrons, l’une l’autre, dans le silence pudique qui nous lie.

S’il avait plu, et si j’avais eu un parapluie, je l’aurais appelé mon petit coin de paradis. Mais il fait chaud, et cette seconde là, j’ai touché l’éternité.

vendredi 12 mai 2017
Crédit image en tête de ce billet : Mariana Mercado

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