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Carabinieri !

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Aventures, Voyages

Carabinieri, voilà un mot italien que j’ai appris bien malgré moi lors de nos vacances cet été à Naples. Je m’en serais bien passée.
Les circonstances de cette histoire sont plutôt banales, mais la tournure des événements ce soir-là l’est déjà moins. Retour sur une drôle de soirée...

Nous avons passés notre séjour logés dans un petit appartement du quartier valloné de Vomero, au dessus du centre-ville de Naples. Ce jour-là, nous partons une journée à Pompei.
Gare de Pompei Scavi -
Une journée bien chargée de laquelle nous rentrons le soir, fatigués mais ravis. Ravis par la beauté et la densité du lieu. Il est tard, mais tant pis, nous mangerons à l’heure espagnol ce soir. Nous prenons un train du Circumvesuviana pour rentrer sur Naples, jusqu’à Garibaldi, l’avant dernière station avant Porta Nolana, son terminus napolitain.

Le train ressemble à nos ancienne ligne de banlieue, bien que doté d’un tableau de bord lumineux présentant les stations de la ligne par des diodes. les filles suivent avec amusement la progression du trajet, jusqu’à la gare de Garibaldi, nous nous postons à proximité de la porte, et commençons à suivre les voyageurs devant nous, deux d’entre eux portaient de grosses valises. Le temps de la descente, et la montée des voyageurs à quai est rapide, mais le signal sonore retentit, à ce stade, seule Raphaelle a pu descendre, mais la 15aine de secondes de stationnement ne se prolonge pas plus longtemps, malgré l’intensité du trafic à quai. Les portes se ferment, plusieurs voyageurs sont pris au piège. Catastrophe, Raphaelle reste seule sur le quai, nous laissant dans une indescriptible panique derrière la vitre d’une porte fermée, le train démarrant déjà. Ce jour-là, j’ai vu le desarroi dans les yeux de ma fille....

Lignes du Circumvesuviana -
Par chance, une personne bienveillante la prend en charge, nous avons à peine le temps de la voir, le train est déjà loin du quai. J’ai juste eu le temps de voir l’homme nous faire un signe de la main qui semblait dire « Ne vous inquiétez pas ». Le train va jusqu’à la gare suivante, Porta Nolana, son terminus.
Sans attendre, nous nous précipitons vers le chef de gare. Nous voyant dans la panique un passant qui semble comprendre la situation échange queles mots avec nous, et propose de nous emmener directement à Garibaldi à pied. Mais nous ne savions pas si nous pourrions la retrouver. Nous voulions passer une annonce micro, le chef de gare nous fait patienter au poste. Nous passons une 1ère annonce. Le personnel auprès de nous passe quelques appels et nous fait patienter. Le temps est long. Raphaelle est recherchée, mais nous ne pouvons pas sortir de ce poste de garde.
Nathanaelle comme à son habitude, garde tout au fond d’elle, mais je vois ses yeux s’embuer, je la prends dans mes bras et lui promets que nous allons retrouver sa soeur. Je ne sais pas si je suis parvenue à dissimuler ma propre anxiété.... Jeff reste d’un calme bluffant. Gabrielle conjure son angoisse dans un flot de paroles.

Je passe une 2e annonce. Et toujours bloquée dans ce poste... la police arrive. Nous sortons avec elle devant le bâtiment de la gare.
Nous recevons un appel, c’est lui, l’homme qui était resté avec Raphaelle ! Il parle français, lui aussi touriste. Il nous dit qu’elle est avec lui et nous propose de venir la récupérer à Garibaldi. Nous disons que nous arrivons.
Mais les policiers nous font encore patienter, nous ne comprenons pas pourquoi il faut rester là, et ne pas aller la chercher à Garibaldi.

Jeff rappelle, nous expliquons que nous ne comprenons pas pourquoi, mais nous ne pouvons pas bouger d’ici. La situation devient ubuesque. Lui aussi s’étonne. Il lui a visiblement été demandé de confier Raphaelle aux forces de l’ordre. Il a refusé, il voulait nous la rendre à nous et seulement à nous, et ainsi, voir Raphaelle nous reconnaître pour la laisser partir.

Je bouillonne. Un policier donne de l’eau aux filles. Deux voitures arrivent : les carabiniers. Ils avaient été appelés, une disparition de mineur leur avait été signalée... Je commence à comprendre. Les carabiniers peuvent enfin nous amener à Garibaldi.

A coup de sirène et de girophare, nous arrivons en fanfare devant le bâtiment de la gare de Garibaldi, quelques 500m plus loin. Un attroupement se tient devant le bâtiment, je n’y prête pas attention, jusqu’à la descente de la voiture, où je distingue Raphaelle avec un homme et son garçon au milieu et en avant de cette foule. Nous descendons de la voiture, je cours vers Raphaelle et la prends dans mes bras, comme un réflexe, toute la tension nerveuse se relâche dans une saccade de pleurs. A cet instant, la foule qui était là .... applaudit ! Comment ce scénario digne d’un site-com même de bas de gamme a-t-il été possible ? Mes deux annonces en français ont été entendues dans les deux gares, passées depuis le terminus, et sonorisées sur l’ensemble des deux gares napolitaines intra-muros.... enfin.... j’espère que ça s’est arrêté là. Cela fait déjà beaucoup de monde à venir voir ce qui se passe. Je n’ai rien contrôlé, je ne m’y attendais pas, mais dans l’étreinte de ma fille, je pleure toujours. Raphaelle semble calme, confiante. Toute la pression retombe, la pression durant cette heure qui m’avait parue la plus longue de tous les temps.... Gabrielle attrape Nathanaelle par le cou et son papa par la taille et s’écrit, en entourant notre étreinte : « câlin familial ! ».

Après cette vive émotion, nous remercions le vacancier français qui s’était occupé de Raphaelle. Il nous raconte les première peurs de notre fille, vite dissipées ensuite. Le grand garçon d’une quinzaine d’années avait partagé sa console de jeux avec elle.

Coup de théâtre final : depuis le début, le français qui avait pris Raphaelle sous son aile nous avait envoyé un SMS pour nous proposer de venir la récupérer à Garibaldi, Raphaelle lui avait donné le portable de Jeff. Et nous ne l’avions pas vu...

Site de Pompei -

jeudi 13 juillet 2017
Crédit image en tête de ce billet : Z :-)

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